La culture du chanvre industriel (Cannabis sativa L.) suit un cycle agricole précis : semis de printemps, croissance rapide couvrant le sol, puis récolte de la fibre et de la graine en fin d’été. En France, cette culture reste réservée aux agriculteurs déclarés, avec des variétés autorisées et des semences certifiées.
Le chanvre cultivé : une plante agricole encadrée en France
Le chanvre industriel appartient à l’espèce Cannabis sativa L. Cultivé pour sa tige fibreuse et ses graines oléagineuses, il se distingue des variétés à usage stupéfiant par sa teneur en THC, strictement limitée. En France, l’arrêté du 30 décembre 2021 portant application de l’article R. 5132-86 du code de la santé publique n’autorise que les variétés de Cannabis sativa L. dont la teneur en delta-9-tétrahydrocannabinol ne dépasse pas 0,30 %, et qui sont inscrites au catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles ou au catalogue officiel français des espèces et variétés de plantes cultivées.
Ce même texte réserve la culture des fleurs et des feuilles aux agriculteurs actifs au sens de la réglementation européenne et française, interdit la multiplication par bouturage ainsi que la vente de plants, et limite l’usage de la récolte à la production industrielle. FranceAgriMer rappelle par ailleurs que la culture doit être déclarée auprès de la préfecture dans le cadre de la Politique agricole commune, et que seules des semences certifiées, issues de variétés autorisées, peuvent être semées : un producteur ne peut pas ressemer sa propre récolte. Pour situer la plante et ses usages plus largement, voir le chanvre, la plante et ses usages.
Le semis : une implantation de printemps
Le chanvre est semé au printemps, entre fin mars et début mai selon les régions, en semis direct dans un sol ressuyé et réchauffé. Selon la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) de Bourgogne-Franche-Comté, la température du sol doit atteindre 10 à 12 °C pour permettre une levée correcte et homogène.
La densité de semis est volontairement élevée : un peuplement dense et serré favorise une croissance verticale rapide et un couvert végétal continu, qui limite d’emblée le développement des adventices. Cette implantation dépend aussi des débouchés visés, fibre, graine ou double usage, arrêtés en amont avec l’organisme collecteur, puisque seules des semences certifiées de variétés inscrites peuvent être utilisées. Voir aussi les semences de chanvre certifiées.
La croissance : un cycle court et rustique
Une fois levé, le chanvre pousse vite : la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté situe la durée du cycle cultural à environ 100 jours, la floraison et la maturité intervenant à des dates relativement fixes d’une année sur l’autre, car elles sont pilotées par la photopériode (la longueur du jour) plus que par la date exacte de semis. Semé en avril-mai, le chanvre est ainsi récolté dès la mi-août pour un usage fibre, ou courant septembre pour une récolte combinée graine et fibre, soit un cycle global d’environ quatre mois entre semis et récolte, selon l’interprofession InterChanvre.
Cette croissance rapide et ce couvert dense expliquent la réputation de rusticité du chanvre : selon InterChanvre, aucun produit phytosanitaire n’est nécessaire entre la plantation et la récolte, la culture n’ayant besoin ni d’herbicide (le couvert végétal étouffe les adventices), ni de fongicide, ni d’insecticide. La DRAAF confirme des besoins en irrigation nuls ou très limités, grâce à un système racinaire profond. Cette faible dépendance aux intrants phytosanitaires ne signifie toutefois pas une absence totale d’intrants : la fertilisation azotée reste nécessaire, de l’ordre de 100 unités par hectare sur l’ensemble du cycle selon InterChanvre et la DRAAF, et les besoins en eau, bien que réduits, ne sont pas nuls selon le type de sol et les conditions climatiques de l’année.
Cette vigueur en fait aussi une tête de rotation appréciée dans les assolements : en interrompant les cycles de bioagresseurs propres aux céréales et aux oléagineux, et en structurant le sol grâce à son pivot racinaire profond, le chanvre s’intègre facilement entre deux cultures, selon la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté. Sur le plan environnemental, la même source avance qu’un hectare de chanvre peut stocker jusqu’à 15 tonnes de CO2, un argument mis en avant depuis l’entrée en vigueur de la réglementation environnementale RE2020, qui favorise les matériaux de construction biosourcés.
La récolte : fibre et graine, deux calendriers
La récolte du chanvre obéit à deux itinéraires distincts selon le débouché recherché. Pour une récolte fibre seule, la paille est fauchée non battue, généralement à la mi-août. Pour une récolte double (graine et fibre), la parcelle est battue courant septembre : les graines sont séparées par battage tandis que la paille reste au sol.
Dans les deux cas, la paille coupée subit ensuite un rouissage au champ : exposée en andains à l’alternance de pluie et de soleil pendant plusieurs semaines, jusqu’à huit semaines selon InterChanvre, elle voit ses pectines se décomposer sous l’action de micro-organismes, ce qui facilite la séparation ultérieure des fibres lors de la transformation. Une paille correctement rouie affiche un rendement supérieur, de l’ordre de 9 à 10 tonnes par hectare, à une paille jaune non rouie (7 à 8 tonnes par hectare), toujours selon les données de l’interprofession. Côté graine, le rendement moyen se situe autour de 1 100 kg par hectare. La collecte et la première transformation sont généralement organisées sous contrat avec des unités de transformation locales, les chanvrières, comme le rappelle la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté.
Au-delà de la paille et de la graine, la plante entière trouve des débouchés complémentaires une fois défibrée : la chènevotte, partie ligneuse et cassante de la tige, sert au paillage horticole et aux matériaux de construction biosourcés, tandis que les fibres longues alimentent le textile technique et l’isolation, et que les fines particules issues du traitement sont valorisées en litière, toujours selon la DRAAF Bourgogne-Franche-Comté. Pour le détail des opérations de fauche, battage et rouissage, voir la récolte du chanvre.
À garder en mémoire
La culture du chanvre industriel suit un calendrier resserré : semis de printemps entre fin mars et début mai, sol réchauffé à 10-12 °C, croissance rapide sur un cycle d’environ 100 jours à quatre mois, puis récolte différenciée entre mi-août (fibre) et septembre (graine et fibre), avec un rouissage au champ pouvant durer jusqu’à huit semaines. C’est une culture peu gourmande en produits phytosanitaires, mais elle reste une culture agricole à part entière, avec ses besoins en azote et, selon les années, en eau.
Elle demeure surtout strictement encadrée en France : réservée aux agriculteurs déclarés auprès de la préfecture dans le cadre de la PAC, elle repose sur des semences certifiées issues de variétés inscrites au catalogue officiel, dont la teneur en THC ne dépasse pas 0,30 %.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil agronomique individualisé. En France, la culture du chanvre est une activité réglementée, réservée aux agriculteurs déclarés utilisant des semences certifiées de variétés autorisées.